Technologies et innovation

Le service de Gastro-entérologie se lance dans un essai de recherche clinique pour le dépistage du cancer colorectal avec la vidéo-capsule colique

Mis en ligne le mardi 11 septembre 2018

Objectif : évaluer les méthodes alternatives à la coloscopie pour le dépistage du cancer colorectal.

Réalisé dans le cadre de l'étude nationale prospective FAMCAP, cet essai concerne les patients à haut risque de cancer colorectal :

  • ayant des antécédents au 1er degré dans la famille de cancer du côlon ou de polypes ou de maladies génétiques
  • âgés de 45 ans ou plus
  • n’ayant encore jamais effectué de dépistage du cancer colorectal.

Afin de comparer l’efficacité du dépistage du cancer colorectal trois stratégies sont proposées :

  • le test immunologique fécal : la recherche de sang dans les selles est le test de référence en France pour le dépistage du cancer colorectal en population générale, c’est-à-dire en risque moyen de cancer colorectal. Ce test est proposé tous les 2 ans dans cette population cible entre 50 et 74 ans.
  • la coloscopie : c’est le test de référence aujourd’hui en France pour les patients à haut risque de cancer colorectal, en particulier en cas d’antécédents au 1er degré de ce cancer. Néanmoins, cet examen présente des limites pratiques : anesthésie générale d’une part, et surtout acceptabilité moyenne par cette population à haut risque, seulement 40% environ des personnes concernées réalisent ce dépistage.

Il est ainsi important d’évaluer la pertinence de méthodes alternatives pour améliorer l’acceptabilité du dépistage.

Une alternative intéressante : la vidéo-capsule colique

Cette technique :

  • ne nécessite pas d’anesthésie
  • permet de réaliser des images de qualité et précises garantissant une exploration de la partie haute et également de la partie basse du tube digestif.

La réalisation d’un examen par vidéo-caspsule colique se fait habituellement en ambulatoire. L’examen nécessite une préparation colique la plus parfaite possible. La PillCam® COLON a la taille d’une grosse gélule et mesure 31,5 mm sur 11,6 mm et est la seule vidéo-capsule colique pour l’instant à être commercialisée. Elle est équipée de 2 objectifs, un avant et un arrière. Ces 2 têtes de lecture opto-électroniques ont un angle de vision de 172° de chaque côté, et l'autonomie est de 10 heures minimum. Le nombre d’images prises, qui était invariablement de 4 images par seconde avec la première génération, est, dans la deuxième génération, adapté à la vitesse de progression de la capsule. Le nombre d’images varie de 4 en position immobile à 36 images par seconde lorsque la vidéo-capsule colique se déplace rapidement. Ceci a permis d’améliorer la visualisation de la muqueuse, en particulier au niveau du côlon gauche où la capsule passe parfois rapidement avec un risque de méconnaître des lésions  Afin de ne pas trop prolonger la durée de l’examen, l’administration d’un booster en cours d’examen, après repérage du grêle, est nécessaire. La capsule est éliminée dans les selles dans les 10 heures dans près de 90% des cas. La lecture se fait grâce au logiciel RAPID (Reporting And Processing of Image and Data).

Cet examen nécessite un régime sans résidus 3 jours avant, une préparation par 2 litres de purge la veille + 1 litre le matin, et d’être à jeun 6 heures avant. Il se fait en hôpital de jour.

Durée de l'étude : 7 ans

  • Préparation : 6 mois
  • Recrutement : 3 ans
  • Suivi : 3 ans
  • Analyse : 6 mois

18 centres hospitaliers participants

Les centres hospitaliers d'Avignon, Besançon, Bordeaux, Brest, Créteil, Dijon, Limoges, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Paris (Avicenne, Cochin, Saint-Antoine), Rennes, Rouen, Saint-Etienne et Toulouse participent à cet essai clinique promu par les Hospices Civils de Lyon et financé par l’INCa.

Qu'est-ce-que la Recherche Clinique ?

La Recherche Clinique est un enjeu majeur de santé. C’est une étape importante dans le développement de nouveaux traitements et médicaments innovants.

Les différents gouvernements en ont d’ailleurs fait une priorité politique avec la mise en œuvre des plans cancer I, II et III, de façon à toujours maintenir le niveau d’expertise de notre système de santé français envié par les autres pays.

À l’ère du plan Cancer 2014-2019, les enjeux de santé publique que les maladies de l’appareil digestif soulèvent sont très importants. Le cancer colorectal est la deuxième cause de mortalité tous sexes confondus. 22% de la population, quel que soit son âge ou son sexe, sera atteinte d’une maladie de l’appareil digestif.

Ce sont ces chiffres qui plaident pour une prise en charge adaptée des patients, à la fois médicale et chirurgicale.

La Recherche Clinique est ainsi strictement encadrée par la loi pour permettre aux progrès scientifiques d’aboutir et aux patients d’accéder aux innovations thérapeutiques.

Au Centre Hospitalier d’Avignon, la Recherche Clinique fait partie intégrante des missions des médecins au sein de la commission de recherche clinique validée par la tutelle.

Une avancée thérapeutique certaine

En 15 ans, dans le secteur de l’endoscopie digestive du CH Avignon, deux techniques avec intérêt diagnostique et bénéfice thérapeutique pour les patients se sont développées parmi d’autres techniques innovantes :

  • la vidéo-capsule du grêle et l’entéroscopie (endoscopie du grêle) auxquels s’est rajouté la vidéo-capsule colique dans le cadre de protocoles de recherche et en pratique courante depuis peu sur indications précises (HAS).

Depuis des décennies, l’exploration de l’intestin grêle, segment le plus long du tube digestif (6 à 8 mètres), est la « bête noire ». En 1981, la rencontre d’un ingénieur américain de l’armement et d’un médecin gastro-entérologue israélien aboutit à l’idée de concevoir « un missile » miniature. Cette capsule qui serait avalée, progresserait spontanément dans le tube digestif et émettrait des images. En 1994, la capsule endoscopique est née et présentée au congrès mondial de gastro-entérologie à Los Angeles.

La technique de la vidéo-capsule endoscopique est proposée à nos patients depuis février 2007 et a bénéficié à 1 500 patients dont 300 vidéo-caspusles coliques et une vingtaine de vidéo-capsules œsophagiennes.

Plusieurs protocoles et observatoires nationaux au sein de la Société Française d'Endoscopie Digestive donnant suite à des publications internationales et nationales. En cas de lésions, le dépistage est suivi dans 30% des cas d’une endoscopie interventionnelle thérapeutique afin de traiter 80% des angiodysplasies et 20% des polypes et angiomes qui saignent au niveau de l’intestin grêle ou du colon.

Certains ont bénéficié de traitement chirurgical devant la découverte de tumeur (tumeur neuroendocrine, lymphome, adénocarcinome...) ou d’embolisation en radiologie interventionnelle en cas de lésion hémorragique.

Le Centre Hospitalier d’Avignon est l’établissement référent du dépistage des cancers colorectaux par vidéo-capsule colique dans le cadre du protocole FAMCAP, seul établissement de santé du Vaucluse, reconnu par l’Agence Régionale de Santé PACA, à proposer ces techniques innovantes selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé.

Depuis le 19 juin 2018, 5 patients ont intégré l’essai FAMCAP.

Le service de Gastro-entérologie du CH Avignon

Le service de gastro-entérologie est situé au 5ème étage de la tour B de chirurgie du Centre Hospitalier d'Avignon.

Équipe médicale, paramédicale et administrative

  • 1 chef de service : Dr Jean-Pierre ARPURT
  • 3 praticiens hospitaliers : Drs Serge BELLON, Alban BENEZECH et Slim BRAMLI
  • 1 assistant de recherche clinique : Mme Maryline DIJON-GRINAND
  • 6 praticiens attachés : Drs Sylvie DALIGAUX, Gabriel MARTANE, Olivier MICHELLAND, Irina Andrimalala RAOTO, Bruno TOGNARELLI
  • 1 assistante spécialiste : Dr Norotiana ANDRIAMTSEHENO
  • 1 cadre supérieur de santé : Mme Sylvie EME
  • 2 cadres de santé : Mmes Catherine ANDRIEUX et Dominique IMBERT
  • 13 infirmier(e)s
  • 5 aides-soignant(e)s
  • 4 agents de service hospitalier
  • 4 secrétaires médicales

Activité 2017

  • 4 033 patients hospitalisés
  • 5 943 consultants ou venues externes (consultations et explorations fonctionnelles dans le service)
  • durée moyenne de séjour : 5 jours
  • 4 700 actes endoscopiques
  • 812 interventions au bloc ambulatoire
  • 450 écho-endoscopies
  • 380 ERCP
  • 180 vidéocapsules

Sous l’égide de la Société Française d’Endoscopie Digestive (SFED), et de la société nationale française de gastro-entérologie, le Dr BRAMLI, organise avec l’équipe  marseillaise, une fois par an une journée régionale de formation à la technique de vidéo-capsule pour les gastro-entérologues.

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