La politique de vaccination en France de A à Z

A quoi sert la vaccination ? Est-on vacciné une fois pour toutes ? Les vaccins à travers le temps : quelques repères historiques. Qui décide de la politique de vaccination ? Quelle stratégie de vaccination ?

 

A quoi sert la vaccination ?

 

L'objectif de la vaccination est de provoquer chez la personne inoculée une protection spécifique contre un agent infectieux déterminé.

En effet, le vaccin simule la capacité du système immunitaire à mémoriser le premier contact avec un antigène donné. Ainsi, quand l'agent infectieux est à nouveau présent dans l'environnement d'une persone, la rapidité de la reconnaissance, l'intensité de la réponse immune spécifique permettent d'éviter l'infection. Les vaccins inoculés peuvent être des virus atténués, mais aussi des bactéries, voire des virus inactivés...

 

Les vaccins disponibles permettent une réduction spectaculaire de la morbidité et de la mortalité de maladies à diffusion planétaire, autorisant à envisager leur contrôle, voire leur éradiction. La vaccination peut permettre l'élimination d'une maladie infectieuse d'un pays ou d'une région (poliomyélite, rougeole...). Avec l'éradiction c'est la disparition mondiale et définitive d'une maladie infectieuse qui est obtenue, comme cela a été le cas avec la variole.

 

Morbidité et mortalité liées à différentes maladies
avant l'introduction d'une vaccination spécifique

Maladie

Cas cliniques
(par million
d'habitants)
Séquelles
(par million
d'habitants)
Décès
(par million
d'habitants)

Rougeole

900 000

300

200 - 400

Coqueluche

600 000

40

200 - 300

Rubéole

300 000

750

10 - 15

Oreillons

75 000

5

3 - 5

Hépatite B

25 000

7 000

1 000
1 500

Poliomyélite

14 000

4 500

100 - 400

Haemophilus b

5 000

1 500

300 - 600

Source : Centers for Disease Control, Etats Unis

 

Est-on vacciné une fois pour toutes ?

 

Si pour certains agents infectieux, l'immunité est entretenue de manière naturelle, ce n'est pas le cas pour certaines infections qui nécessitent que cette immunité soit entretenue : des rappels réguliers de la vaccination sont alors oblligatoires.

 

Les vaccins à travers le temps : quelques repères historiques

 

  • 1798 : vaccination contre la variole grâce à la vaccine (Edward Jenner)
  • 1880 : vaccin contre le choléra des poules (Louis Pasteur)
  • 1881 : vaccin contre le charbon (maladie commune à l'homme et aux animaux) (Louis Pasteur)
  • 1885 : vaccination contre la rage (Louis Pasteur)
  • 1896 : vaccin contre la fièvre typhoïde (Sir Almorth E. Wright)
  • 1921 : mise au point du BCG (Bacille de Calmette et Guérin), vaccin atténué contre la tuberculose (Albert Calmette et Camille Guérin)
  • 1923 : découverte de l'anatoxine diphtérique (anatoxine : toxine microbienne modifiée par la chaleur et le formol de façon à perdre son pouvoir toxique tout en gardant sa qualité d'antigène capable de conférer l'immunité) (Gaston Ramon)
  • 1923 : vaccin contre la coqueluche (Thorvald Madsen)
  • 1927 : découverte de l'anatoxine tétanique (Gaston Ramon)
  • 1937 : vaccin contre la fièvre jaune (Max Theiler)
  • 1937 : premier vaccin contre la grippe (Jonas Salk)
  • 1954 : vaccin inactivé, injectable contre la poliomyélite (Jonas Salk)
  • 1957 : vaccin atténué, oral, contre la poliomyélite (Albert Sabin)
  • 1960 : vaccin contre la rougeole (J.F Enders)
  • 1966 : vaccin contre les oreillons (M. Takahashi)
  • 1973 : vaccin contre la varicelle (M. Takahashi)
  • 1976 : mise au point du premier vaccin contre l'hépatite B (Philippe Maupas, puis Maurice R. Hilleman)
  • 1980 : vaccin par recombinaison génétique contre l'hépatite B, sur cellules animales (Pierre Tiollais en collaboration avec le laboratoire de C. Chany)
  • 1982 : vaccin par recombinaison génétique contre l'hépatite B, sur levure (William Rutter)
  • 1985 : vaccin contre la méningite bactérienne (Haemophilus influenzae de type b)
  • 1992 : vaccin contre l'hépatite A
  • 1998 : vaccin contre la maladie de Lyme
  • 2006 : vaccin contre le rotavirus, vaccin contre le Papillomavirus humain (HPV)

 

Qui décide de la politique de vaccination ?

 

La politique de vaccination est élaborée par le ministre chargé de la santé : il fixe les conditions d'immunisation, énonce les recommandations nécessaires et rend public le calendrier des vaccinations après avis du Haut Conseil de la santé publique.

 

Remboursement ou non, à quel niveau, pour qui ? Selon quelle stratégie ? Selon quelles modalités de mise en oeuvre : qui va réaliser cette vaccination ? Quelles sont les conditions requises s'il s'agit d'une vaccination collective ? Comment et qui réalise l'information des professionnels, l'information de la population selon les individus ou groupes visés ? Quelles sont les modalités de suivi, particulièrement dans le cas d'un nouveau vaccin (détection rapide des effets indésirables non décelés lors des essais cliniques...) : l'ensemble de ces questions relève donc de sa responsabilité. 

 

Quelle stratégie de vaccination ?

 

Des enquêtes menées depuis 2001 de la maternelle au secondaire ont permises d'avoir une bonne vision de ce qu'est la réalité en France et de déterminer les priorités pour améliorer la couverture vaccinale des enfants et des adolescents.

 

C'est ainsi qu'il semble nécessaire :

  • de vacciner contre l'hépatite B avant l'âge de 13 ans en favorisant la vaccination du nourrisson
  • d'augmenter la pratique du rappel contre la coqueluche à 11-13 ans et chez le jeune adulte avant qu'il ne devienne parent
  • d'augmenter la pratique des secondes doses de rougeole oreillons rubéole (RRO) principalement dans le Sud et le Centre Est de la France mais également d'administrer de façon plus précoce la première dose de RRO
  • par ailleurs, près de 100% des jeunes sont très bien vaccinés contre le BCG. Cependant, l'obligation vaccinale sera reconsidérée du fait, d'une part, de la diminution importante du nombre de tuberculose dans certaines régions, des effets secondaires des vaccins plus fréquents depuis leur changement de forme, et d'autre part, du fait que la protection qu'ils procurent n'est pas parfaite.
 
 
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