Quelles sont les allergies prédominantes dans la région actuellement ?
« Dans la région, les principales allergies concernent surtout les cyprès et les graminées. Pour les cyprès, la saison débute en début d’année, en hiver, et s’estompe progressivement au printemps. Nous arrivons bientôt au pic le plus important des graminées.
Mais ces deux allergènes ne sont pas les seuls en cause. Il existe beaucoup d’autres pneumallergènes, comme l’olivier, le platane, la pariétaire ou encore l’ambroisie. Chacun a sa propre saison et nous les recherchons en consultation pour mieux orienter les patients.
Un phénomène s’accentue ces dernières années : les saisons sont de plus en plus longues. Elles commencent plus tôt et se terminent plus tard qu’il y a quelques années, probablement en lien avec le changement climatique. »
Quels sont les indicateurs de réaction allergique à surveiller chez les individus exposés ?
« L’impact des allergies varie fortement selon les individus. Il ne varie pas selon le sexe, mais plutôt selon les patients. L’intensité des symptômes peut être très différente d’une personne à l’autre.
La rhino-conjonctivite allergique se manifeste principalement par une association de symptômes oculaires (larmoiements et démangeaisons) et nasaux (éternuements en salves, écoulement et prurit). Ces symptômes peuvent être très gênants au quotidien, notamment chez les enfants, avec des conséquences sur le sommeil et la concentration à l’école. Dans certains cas, cela peut même interférer avec l’apprentissage.
Plusieurs personnes peuvent avoir une atteinte bronchique : tous les allergiques ne sont pas asthmatiques, mais l’asthme est fréquemment associé. On peut alors observer une toux sèche ou une respiration sifflante.
Aujourd’hui, les périodes sans allergènes se raréfient : les mois les plus calmes sont généralement octobre, novembre et décembre, mais ce n’est jamais totalement nul. »
Quelles sont les bonnes pratiques pour se prémunir contre les pollens au quotidien ?
« La prévention repose sur des mesures simples. À domicile, il faut aérer tôt le matin ou tard le soir, et éviter les pics polliniques de la mi-journée.
À l’extérieur, il est recommandé d’éviter les sorties au moment des pics, surtout entre midi et deux si possible, et de privilégier les sorties après la pluie, car le pollen est plaqué au sol. De retour chez soi, il faut avoir des gestes automatiques comme se doucher, se laver les cheveux et changer de vêtements. On peut également rincer le nez et les yeux avec du sérum physiologique pour éliminer les allergènes. »
Comment se passe une prise en charge d’un patient qui souffre de symptômes allergiques dans votre service ?
« Au Centre Hospitalier d’Avignon, le service de pneumologie prend en charge les patients souffrant d’allergies respiratoires, notamment en cas d’asthme associé. Les patients sont souvent adressés par leur médecin traitant ou après un premier avis en allergologie. Le service, composé d’une dizaine de praticiens, propose :
• tests cutanés consistent à introduire une petite quantité d'allergène sous la peau pour vérifier la réaction.
• tests du souffle permettant de mesurer la capacité respiratoire et de détecter une éventuelle atteinte bronchique, comme l’asthme.
On privilégie les tests cutanés, appelés prick-tests, car ils sont très sensibles et reflètent ce qui se passe sur les muqueuses. Une fois le diagnostic posé, plusieurs traitements peuvent être proposés :
• antihistaminiques,
• collyres et sprays nasaux,
• désensibilisation : traitement de fond quotidien le plus efficace, qui nécessite une rigueur constante. Elle consiste en l’administration de doses infimes d’allergène sous la langue chaque jour. Sur trois à quatre ans, cela permet d'habituer le système immunitaire que ce n’est pas dangereux et de réduire progressivement les symptômes. C’est la seule méthode qui traite la cause et peut faire disparaître les symptômes à long terme contrairement aux autres traitements qui soulagent. »